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Droits

Période d'essai : durée, rupture et droit au chômage

Période d'essai en CDI ou CDD : durée maximale, renouvellement, délai de prévenance et droit au chômage selon que c'est toi ou l'employeur qui romps.

6 min de lecture Publié le 4 novembre 2026 La rédaction Carnet Emploi

6 min · 4 nov. 2026 · Carnet Emploi

Trois collègues souriants échangent autour d'un ordinateur
Photo : Unsplash, libre de droit
En bref
CDI : 2, 3 ou 4 mois selon ton poste, renouvelable une fois
Rompue par l'employeur : chômage possible
Rompue par toi : traitée comme une démission, sauf exceptions

La période d’essai permet à toi comme à ton employeur de vérifier que le poste te convient. En CDI, elle dure au maximum 2, 3 ou 4 mois selon ta catégorie, et peut être renouvelée une fois. Pendant ce temps, chacun peut y mettre fin sans motif. Côté chômage, tout dépend de qui rompt : si c’est l’employeur, tu peux toucher l’allocation ; si c’est toi, c’est en principe considéré comme une démission, avec des exceptions utiles à connaître.

Durée de la période d’essai en CDI

Le Code du travail fixe des durées maximales pour la période d’essai initiale d’un CDI :

Catégorie Durée initiale maximale Avec renouvellement
Ouvriers et employés 2 mois 4 mois
Agents de maîtrise et techniciens 3 mois 6 mois
Cadres 4 mois 8 mois

La période d’essai n’est jamais automatique : elle doit être écrite dans ton contrat de travail ou ta lettre d’engagement. Si rien n’est prévu, il n’y a pas de période d’essai.

Le renouvellement n’est possible qu’une seule fois, et seulement si un accord de branche étendu le prévoit et si ton contrat le mentionne. Ton employeur doit aussi obtenir ton accord clair, avant la fin de la première période.

Durée de la période d’essai en CDD

En CDD, la durée maximale dépend de la longueur du contrat :

  • CDD de 6 mois ou moins : 1 jour par semaine de travail prévue, dans la limite de 2 semaines. Exemple : pour un CDD de 3 mois, soit environ 12 semaines, la période d’essai peut aller jusqu’à 12 jours.
  • CDD de plus de 6 mois : 1 mois maximum.

Pour l’intérim, la période d’essai est beaucoup plus courte, de quelques jours seulement.

Rupture de la période d’essai : le délai de prévenance

Pas besoin de motif ni de procédure de licenciement pour rompre une période d’essai. Mais il faut prévenir l’autre partie.

Si c’est ton employeur qui rompt, il doit te prévenir :

Ton temps de présence Délai de prévenance
Moins de 8 jours 24 heures
De 8 jours à 1 mois 48 heures
Après 1 mois 2 semaines
Après 3 mois 1 mois

La période d’essai ne peut pas être prolongée pour couvrir ce délai. Si ton employeur ne le respecte pas, il te doit une indemnité égale au salaire que tu aurais touché pendant le délai restant (sauf faute grave).

Si c’est toi qui romps, tu dois prévenir ton employeur 48 heures à l’avance, ou 24 heures si tu es là depuis moins de 8 jours.

Période d’essai rompue : as-tu droit au chômage ?

Si c’est ton employeur qui met fin à la période d’essai

C’est une perte d’emploi involontaire. Tu peux donc toucher l’allocation chômage, à condition d’avoir assez travaillé : au moins 130 jours ou 910 heures sur les 24 derniers mois (36 mois si tu as 55 ans ou plus). Depuis le 1er avril 2026, si tu n’as jamais été indemnisé au cours des 20 dernières années, 108 jours ou 758 heures peuvent suffire. Fais le point avec l’outil Ai-je droit au chômage ?.

Si c’est toi qui romps la période d’essai

France Travail la traite comme une démission : pas d’allocation, en principe. Mais l’Unédic prévoit deux exceptions importantes.

  • Tu avais perdu ton emploi précédent sans le vouloir (licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle), tu ne t’étais pas inscrit à France Travail entre les deux, et tu quittes le nouveau poste avant 65 jours travaillés (environ 3 mois) : tu peux être indemnisé au titre de ton emploi précédent.
  • Tu étais déjà indemnisé quand tu as repris ce poste, et tu romps la période d’essai avant 88 jours travaillés ou 610 heures (environ 4 mois) : tu peux reprendre le versement de tes allocations.

Au-delà, si aucune exception ne s’applique, tu peux demander un réexamen de ton dossier après 121 jours sans allocation. Notre article Démission et chômage explique comment.

Questions fréquentes

Mon employeur peut-il rompre ma période d’essai sans raison ?

Il n’a pas à te donner de motif. Mais la rupture doit être liée à ton travail et à tes compétences. Si elle repose sur une autre raison, comme une discrimination, elle peut être contestée devant le conseil de prud’hommes.

Est-ce que j’ai droit au chômage si mon employeur arrête ma période d’essai ?

Oui, si tu remplis la condition de durée de travail (130 jours ou 910 heures sur 24 mois, ou 108 jours ou 758 heures pour une première indemnisation depuis 20 ans). Inscris-toi vite : notre guide S’inscrire à France Travail t’accompagne.

J’ai démissionné pour un nouveau CDI et la période d’essai est rompue par l’employeur : ai-je droit au chômage ?

Ça dépend. Si tu justifiais de trois ans d’affiliation continue et que ton nouvel employeur rompt dans les 65 premiers jours travaillés, ta démission précédente est considérée comme légitime. Sinon, France Travail examine ta situation au cas par cas : pose-lui la question directement.

Mon employeur peut-il renouveler ma période d’essai sans mon accord ?

Non. Le renouvellement doit être prévu par un accord de branche étendu et par ton contrat, et tu dois l’accepter clairement, avant la fin de la première période.

Faut-il une lettre pour rompre une période d’essai ?

La loi n’impose pas de forme particulière, mais un écrit (lettre remise en main propre ou recommandée) est vivement conseillé pour prouver la date et le respect du délai de prévenance.

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